apprendre en voyageant

Cinq mois de voyage solo : le bilan

“Puisqu’on a qu’une seule vie, faudra être vivant.”(Arcadian)

Mon voyage de cinq mois en solo vient de se terminer. J’aimerais dresser ici le bilan de ce voyage, partager avec vous ce que cette expérience m’a apporté et vous parler de ce que j’envisage pour l’avenir.

Voyager pour mieux se connaître

« Voyager, c’est partir à la découverte de l’autre. Et le premier inconnu à découvrir, c’est vous. » Olivier Follmi

ce que j'ai appris en voyage

Quand je vivais en Belgique, je pouvais me définir très facilement. Je me présentais comme Océane, jeune fille de la vingtaine étudiant la traduction anglais-chinois à Bruxelles. Je disais que j’aimais faire du patinage artistique le dimanche avec ma sœur, que j’étais présidente d’une asbl en lien avec la Chine et que pendant les vacances, j’étais animatrice pour enfants dans des plaines. Mon identité était bâtie d’une partie sur ce que je faisais, mais aussi sur ce que les gens percevaient de moi. Si je demandais à mes amis, ils me diraient que j’étais une fille sérieuse dans ses études, sympathique et sociable, très tête en l’air et certainement un peu trop rêveuse.

En voyageant, j’ai laissé chez moi toutes ces choses qui me définissaient. Je n’avais plus d’adresse, plus de possessions (à part mon sac à dos et son contenu), plus d’activités régulières, plus de statut étudiant ni professionnel, plus de bande d’amis. Ces choses, évidemment, elles existaient toujours en Belgique, mais elles ne faisaient plus partie de ma réalité de voyageuse. J’avais tout mon temps pour faire et devenir qui je voulais et je n’avais personne pour me coller inconsciemment des étiquettes sur le dos.

Je n’ai jamais eu autant de temps libre que lors de ce voyage. Je n’ai jamais eu aussi peu d’obligations. Personne n’allait me dire ce que je devais faire. Dans ces moments-là, j’ai découvert ce que j’aimais vraiment faire : écrire, créer, rencontrer, organiser et guider. J’avais cette tendance à aller vers les gens, à chercher à les connaître, à organiser et guider de petites excursions, à les rassembler. Evidemment, j’avais aussi des moments où je devais prendre du temps pour être seule avec moi-même. Dans ces moments-là, le plus souvent, j’écrivais, que ce soit un journal, mon blog ou encore le début d’un roman. Parfois, je dessinais ou je peignais.

En plus de pouvoir faire ce que je voulais, je pouvais être qui je voulais. Personne ne me connaissait. Certains jours, j’étais une personne ultra-sociable, d’autres jours, j’étais plus solitaire. Parfois, je pouvais être intuitive, d’autres fois réfléchie. Si je réagissais d’une manière différente que dans mes habitudes, personne n’aurait pu me dire que j’ai « changé ». Je devenais plus courageuse, plus audacieuse, plus débrouillarde, simplement parce que j’osais être toutes ces choses. Aujourd’hui, j’ai gardé cette capacité à ne pas m’auto définir et à m’autoriser à être qui je veux quand je veux, et des connaissances me disent qu’ils ont du mal à comprendre “qui je suis” ou m’appellent “la girouette”.

 

Voyager pour vaincre ses peurs

« J’ai appris que le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de la vaincre. » Nelson Mandela

e que j'ai appris en voyage

En entreprenant ce voyage, je me suis retrouvée face à mes propres peurs, mais aussi aux peurs des autres. J’avais peur de rater mon vol d’avion, de me perdre, de ne pas me sentir à ma place, qu’il arrive quelque chose à ma famille quand je n’étais pas en Belgique, que je me fasse arnaquer ou encore que je ne sache pas gérer mon argent. Les autres avaient peur que je me fasse mettre de la drogue dans mon sac à dos, que je me fasse violer en pleine rue ou que j’ai un accident quelconque. La première chose à constater est que nos peurs n’étaient pas les mêmes, et heureusement, sinon vous imaginez bien que je ne serai jamais partie.

La première chose que j’ai comprise est qu’il est normal d’avoir peur. La peur prouve que nous dépassons nos propres limites, que nous sortons de notre zone de confort. Quand la peur nous tenaille, nous pouvons faire preuve de courage en les affrontant. La peur, si elle n’est pas paralysante, permet le courage. De plus, j’ai remarqué que plus j’apprenais à surmonter mes peurs, plus j’avais envie de tenter de nouvelles choses.

Évidemment, il faut rester prudent. Je ne parle pas de faire n’importe quoi et de se balader seul la nuit dans des endroits mal réputés. Comme l’explique merveilleusement bien Margaux Hammann dans ce TEDx, la prudence consiste à regarder à gauche et à droite avant de traverser la rue, alors que la peur nous fait rester toute notre vie du même côté de la route. Dans tous les cas, suis ton cœur et ton intuition, ils seront tes meilleurs guides.

Voyager pour s’ouvrir l’esprit

« On voyage pour changer, non de lieux, mais d’idées. » Hippalyte Taine

apprendre voyage

Un des apprentissages les plus importants que le voyage m’a apporté est qu’il n’existe pas qu’une réalité. Nous ne valorisons pas tous les mêmes valeurs, nous n’avons pas tous les mêmes envies et les mêmes rêves et nous ne réagissons pas tous de la même manière face à un événement. Le voyageur a la chance de quitter son propre environnement et de prendre le temps de découvrir celui de l’autre. Je vais vous donner quelques exemples qui m’ont marqué et ouvert l’esprit.

Aux Etats-Unis, j’ai appris que la peur de l’échec n’est pas naturelle. Les Américains valorisent le succès, ils s’encouragent entre eux et se félicitent si l’un d’eux réussi. En Belgique, quand nous voulons entreprendre un projet, nous nous demandons : « et si je n’y arrive pas ? ». Nous ne nous sentons pas légitimes et nous apprenons théoriquement des tas de choses avant de nous lancer. Les Américains, eux, se disent : « Et si je réussi ? Ça serait tellement génial ». Alors, avec cet état d’esprit, ils se lancent et prennent des risques. Ils rêvent grand et ils travaillent dur pour arriver à leurs objectifs. D’ailleurs, le succès est bien vu aux Etats-Unis, alors qu’ici nous sommes un peu honteux de dire que nous gagnons beaucoup d’argent grâce à notre passion.

En Thaïlande, j’ai appris que vivre à cent à l’heure de rendait pas nécessairement plus heureux. En Belgique, nous nous fixons des tonnes d’objectifs, tout le temps. Nous devons travailler dur pour obtenir le meilleur diplôme ou le meilleur job, avoir des hobbys, un mec/une meuf, etc. Je ne sais pas vous, mais si je me couchais dans mon lit une journée à ne rien faire, je me sentais mal. Il fallait que je sois productive non stop. En Thaïlande, les gens se posent autour du feu regardent les flammes pendant plusieurs heures, ils travaillent à leur rythme, prennent du temps pour eux et n’y voient pas de problème. Vivre plus lentement est une possibilité que je ne m’offrais pas avant ce voyage.

Et ce n’est pas tout…

bilan voyage solo

J’ai appris des tas d’autres choses en voyageant que je vais simplement vous lister ci-dessous pour que cet article ne soit pas trop long. Si vous souhaitez que j’approfondisse certains points, n’hésitez pas à me le demander en commentaire ou par messages privés. Je le ferai avec plaisir dans un autre article.

  • Le monde est magnifique,
  • Le monde n’est pas si dangereux
  • Au fond, malgré nos différences, nous sommes tous pareil,
  • Le matériel ne fait pas le bonheur,
  • Le temps est ce que nous avons de plus précieux,
  • Les gens sont généreux
  • On n’a pas besoin de grand chose pour vivre,
  • Nous avons tant de choses à apprendre,
  • Le monde n’est pas duel,
  • La liberté est un sentiment terriblement puissant,
  • Un voyage peu planifié est d’autant plus intense.

J’ai aussi appris à :

  • Être plus responsable,
  • Écouter mon intuition,
  • Me faire confiance,
  • Ne pas culpabiliser d’être heureuse,
  • Profiter de chaque instant,
  • Sortir de ma zone de confort,
  • Lâcher prise,
  • Me détacher des gens.

Et après?

voyage femme solo

Pour ceux qui se le demandent, j’ai décidé que les voyages ne s’arrêteront pas après celui-ci. J’ai encore trop de choses à découvrir, sur moi-même et sur les autres. En parallèle à ces voyages, je compte avancer dans d’autres projets qui, j’espère, verront bientôt le jour. J’ai envie de prendre ce blog plus au sérieux et d’être plus régulière. J’ai aussi envie de terminer et de publier mon livre, ce projet prendra du temps, c’est un projet de longue haleine, mais il me tient vraiment à cœur. Finalement, j’ai aussi un projet plus professionnel que je garde secret pour le moment. 😉

Ah oui, by the way, mon prochain long voyage commencera en septembre, avec le Mexique ! Je reviendrai en Décembre pour fêter Noël en famille.

En attendant, vous pouvez retrouver la liste de mes articles de voyage octobre 2018 à mars 2019 en cliquant juste ici.

Hasta Luego !

 

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