hamac géant minca

Je suis tombée amoureuse du village de Minca

Je vous avoue que je suis allée à Minca après avoir vu les photos des hamacs géants sur Instagram. Après quelques jours, c’est devenu mon endroit préféré en Colombie. J’y ai découvert bien plus que des hamacs. Ici, il y a tout ce que j’aime : des montagnes, des cascades, des oiseaux multicolores, un mélange de populations (indigènes, Colombiens, voyageurs du monde) et des cultures de café. Mais Minca a aussi une histoire compliquée et sanglante ; s’y intéresser permet de voir le village d’un nouvel œil. Dans cet article, je vous explique pourquoi ce village m’a touchée et ce que vous pourrez y faire.

 

Premières impressions

Minca est un petit village près de Santa Manta. Il est possible d’en faire le tour en vingt minutes seulement. Dans le centre, il n’y a pas grand-chose à voir, seulement quelques échoppes, une église et une école. Le plus intéressant se trouve autour : des montagnes verdoyantes à perte de vue.

 

 

La faune et la flore

Minca est situé dans l’une des cinq zones les plus importantes du monde. Les indigènes en parlent comme le cœur du monde et en prennent le plus grand soin. Selon les scientifiques, si quelque chose de grave arrivait dans la Sierra Nevada, le monde entier en serait affecté. C’est aussi l’une des zones où la faune et la flore sont les plus diversifiées. On peut y observer plus d’un millier d’espèces d’oiseaux, dont des espèces endémiques et migratoires.

 

faune et flore Minca

Un peu d’histoire

Pour mieux comprendre Minca, je vous invite à vous intéresser à son histoire. Pour cela, rendez-vous au Memorial Museum de la Sierra Nevada. La propriétaire des lieux vous accueillera chaleureusement et vous expliquera avec passion l’histoire du village. Pour ceux qui ne peuvent pas se rendre en Colombie, je vous résume ce que j’y ai appris.

 

Comme expliqué ci-dessus, Minca se situe dans la Sierra Nevada, terre sacrée des indigènes. Au 18e siècle, le village fut découvert par la famille Oligos Diaz Granados. Ce bout de terre était idéal pour la plantation de café. Les Granados y construisirent une ferme et vécurent de leurs récoltes et de la vente de leurs terres. Le village se développa et devint prospère.

 

la victoria minca

 

La suite fut moins idyllique. Vers 1960, les montagnes entourant Minca devinrent le terrain idéal pour le conflit armé (la Violencia) qui sema la terreur en Colombie pendant près de 50 ans. Jusqu’en 2010, le village a dû faire face aux attaques nocturnes de guérillas et de paramilitaires. Ce passé sanglant est finalement très récent et il est difficile de s’imaginer qu’en moins de 10 ans, ce petit village est devenu un lieu si paisible et touristique.

 

Les indigènes

Parlons maintenant d’un sujet qui m’intéresse beaucoup : les peuples indigènes de la Sierra Nevada. Aujourd’hui, quatre peuples y vivent : les Wiwas, les Kankuamos, les Koguis et les Arhuacos. Ces peuples ont des racines communes et sont donc difficiles à différencier pour des yeux non avertis. Ils sont habillés tout de blanc et portent des petites sacoches couleur café. Je les trouvais magnifiques avec leur teint hâlé et leurs épais cheveux noirs.

 

J’ai eu droit à quelques explications sur leurs coutumes au Musée de la Mémoire. Ces indigènes se considèrent comme les Grands Frères de l’humanité. Ils ont pour mission de protéger la Sierra Nevada, qu’ils considèrent comme un territoire sacré, comme le cœur du monde. Ils sont là pour nous donner l’exemple, à nous petits frères, sur la manière dont il faut vivre pour ne pas courir à la catastrophe.

 

indigènes serria nevada

 

À chaque fois que je croisais un de ces indigènes dans les montagnes, il me prenait l’envie de chanter «L’Air du vent » de Pocahontas. Blague à part, j’étais vraiment impressionnée par ces indigènes qui semblaient venir d’une autre époque. Je ne sais pas si vous vous imaginez, mais j’avais l’impression d’être face à des survivants. Ils en ont affronté des choses tout au long de l’histoire : la conquête des Espagnols, les conflits armés, l’exploitation industrielle de leur territoire et maintenant la mondialisation et le tourisme. Malgré tout cela, ils sont toujours là avec leurs traditions et leurs coutumes.

 

Je ressentais donc toute cette admiration, mais en même temps, de la culpabilité. Comme mentionné ci-dessus, une de leurs luttes actuelles est le tourisme. Comment garder des traditions ancestrales en étant confronté quotidiennement au monde moderne et à ses influences ? Surtout qu’il est bon de rappeler que les touristes se croient parfois tout permis et manquent de respect à ces populations. Un des villages a dû être fermé d’accès aux étrangers, car ceux-ci venaient se prendre en photo avec des indigènes (un village n’est pas un zoo), jetaient des déchets et fumaient de la marijuana dans le village. Alors, bien sûr, j’avais envie de leur parler, d’essayer d’en savoir plus sur eux, mais ce sentiment de culpabilité de me lâchait pas. Je préférais donc les observer de loin, avec humilité.

 

J’ai aussi longtemps hésité à m’acheter un sac de leur tribu. Je ne me suis pas encore fait d’avis sur la question de l’appropriation culturelle et encore une fois, je ne souhaitais pas manquer de respect à ces personnes. Cependant, j’ai fini par m’en prendre un pour me souvenir à chaque fois que je le porte des leçons d’humanité que m’a appris ce peuple à qui j’ai à peine parlé. J’ai acheté ce sac à un indigène, car je souhaitais être certaine qu’il soit authentique. La confection du sac est faite à la main par les femmes du village. C’est un rituel de méditation pour elles. Le motif en dessous de mon sac représente l’ordre de l’univers.

mochilla de minca

 

À lire:  » Indiens de la Sierra Nevada« , du site Survival International

 

Conseils:

Si vous souhaitez rencontrer ces indigènes de façon respectueuse, je vous conseille:

Lire l’article de Mon Voyage en Colombie

– Demander des informations à Las Semilias

– Demander des informations au Museo de La Memoria

 

Minca : informations pratiques

Passons maintenant aux informations un peu plus pratiques pour ceux qui souhaitent visiter Minca.

 

Comment s’y rendre ?

 

Pour se rendre à Minca, il suffit de prendre un bus de Santa Marta. L’aller simple coûte 8000 pesos colombiens (+-2 euros).

 

Que faire à Minca ?

Je vous conseille de rester au moins quatre jours pour pouvoir profiter de tout ce que ce village a à offrir.

  • Se baigner dans le Pozo Azul
  • Visiter la finca de café Victoria
  • Observer les oiseaux
  • Se relaxer dans un hamac de la Casa Elemento
  • Voir le coucher de soleil depuis Mundo Nuevo
  • Se rincer sous la cascade Marinka
  • Se déplacer en mototaxi

 

Pozo Azul et café La Victoria

En une journée, il est tout à fait possible d’aller se baigner à Pozo Azul et de visiter la finca La Victoria. Je vous conseille de monter à pied jusqu’à Pozo Azul (1h), de vous y reposer une bonne heure, puis de reprendre la route vers La Victoria (1h30).

À La Victoria, vous pourrez faire un tour de la ferme et des machines qui servent à la production du café. Le tour coûte 15 000 pesos (3,5 euros) et une tasse de café est incluse dans le prix. Vous pourrez ensuite vous reposer en buvant une bière organique ou un second café et en dégustant une part de gâteau.

 

café organique colombie

 

Pour redescendre, j’ai pris un mototaxi pour 10 000 pesos (3 euros). La descente est un peu rock&roll, car le sentier est en mauvais état (je n’imagine même pas ce que ça donne sous la pluie).

route mauvais état minca

Cascade Marinka et Casa Elemento

Pour votre deuxième journée à Minca, vous pouvez marcher jusqu’à la Cascade Marinka (1h30), et ensuite prendre un mototaxi ou un 4×4 pour aller jusqu’à Casa Elemento. Vous pouvez aussi marcher, mais c’est 2h30 supplémentaire de chemin escarpé.

 

se déplacer à minca

 

J’ai personnellement préféré la cascade Marinka à Pozo Azul. L’eau est fraîche, mais il est quand même possible de se baigner. Vous pourrez aussi boire un bon jus frais sur des petits hamacs face à la cascade.

 

cascade marinka

 

Envie de vous détendre et de prendre de chouettes photos ? Direction Casa Elemento et ses hamacs géants. Si vous ne logez pas sur place, vous devrez payer un droit d’entrée de 10 000 pesos (3 euros) et un jus ou une bière est comprise dans ce prix. Vous pourrez ensuite vous allonger dans les hamacs géants, profiter de la superbe vue sur les montagnes, et même manger un bout dans leur restaurant. J’ai pris des quesadillas végétariennes et elles étaient très bonnes.

 

dormir casa elemento

Observation d’oiseaux

La Sierre Nevada est l’un des meilleurs endroits au monde pour observer les oiseaux. Vous pouvez prendre un tour pour 40 000 pesos (10 euros) avec un guide. Muni de jumelles, vous pourrez observer des oiseaux multicolores que le guide repérera grâce à ses yeux de chacal. Je n’ai malheureusement pas vu de Toucan, mais j’ai vu plein d’espèces rares qu’on voit généralement dans les magazines.

oiseaux colombie sierra nevada

Je n’ai pas fait, mais ça avait l’air chouette :

Quand on voyage, il faut faire des choix liés au temps dont on dispose et à son budget. C’est pour ces raisons que je n’ai pas fait les deux activités suivantes, dont je n’ai pourtant entendu que des retours positifs.

 

La Ciudad Perdida

Un trek de 4 à 6 jours pour découvrir la Ciudad Perdida, ancienne cité indigène et lieu sacré. Ce trek coûte entre 300 et 400 euros, mon budget était donc un peu serré. Vous traverserez la jungle et des rivières, vous devez donc être en bonne condition physique pour ce trek qui est assez difficile.

Vous effectuerez le même chemin en 4 et en 6 jours. La seule différence est qu’il y a moins d’heures de marche par jour si vous prenez plus de jours.

 

Le Mont Kennedy

J’avais vraiment envie de découvrir le Mont Kennedy et la vue sur le pic enneigé de la Sierra Nevada. Je trouve ça extraordinaire qu’il y ait une montagne enneigée en bord de mer, c’est d’ailleurs un lieu unique au monde. Cependant, comme je souhaitais être à Medellin pour Halloween, je n’avais pas le temps de visiter le Mont Kennedy.

J’ai trouvé un chouette article qui explique comment se rendre et où loger au Mont Kennedy.

 

Où loger à Minca ?

Si vous souhaitez rester au centre de Minca (plus pratique pour faire les différents treks), je vous conseille de loger au Coco Bomgo. Le personnel est très sympathique et répondra à toutes vos questions. J’ai aussi beaucoup aimé l’ambiance relax de l’auberge et la facilité d’y faire des rencontres.

 

Je vous conseille néanmoins d’aussi passer au moins une nuit dans une auberge ou finca plus excentrée. J’ai choisi Mundo Nuevo car je n’entendais que du positif à son sujet. Honnêtement, j’aurais pu facilement y passer quatre nuits à chiller et à profiter de la vue. C’est une de mes auberges coup de cœur en Colombie. L’ambiance est parfaite. J’ai beaucoup aimé le fait que l’heure du repas soit imposée, car ça permettait de rencontrer les autres voyageurs. Nous avons passé la soirée tous ensemble à jouer à des jeux de société et à rigoler. Apparemment, parmi les membres du personnel, il y a un indigène de la Sierra Nevada* qui a décidé de travailler dans une auberge pour partager son savoir et parler de la communauté avec les autres voyageurs. Malheureusement, je n’ai pas eu le temps de le rencontrer.

*Il ne porte pas sa tenue traditionnelle pour travailler.

Vue de l’eco-hostel Mundo Nuevo

 

Où manger à Minca ?

Si vous en avez un peu marre du traditionnel «poisson-riz-haricots », je vous conseille d’aller manger au Santisabella. J’y ai pris de délicieux gnocchis sauce tomate !

 

Est-ce que Minca est trop touristique ?

 

J’avais lu en ligne que Minca était devenu bien trop touristique et qu’il valait mieux passer son tour. Certes, il y a désormais des touristes qui n’étaient pas là quelques années auparavant. Cependant, je trouve qu’à part les hamacs de la Casa Elemento, le reste du village reste authentique.

visiter minca

Selon moi, le tourisme a ses avantages et inconvénients pour la village. D’un côté, il permet de maintenir une certaine sécurité pour les habitants. D’un autre côté, ce tourisme coupe les relations entre indigènes et colombiens, car les indigènes préfèrent rester dans la montagne pour ne pas se faire prendre en photos par des touristes irrespectueux. De plus, le prix de la vie augmente, mais le salaire des Colombiens stagne. Finalement, beaucoup de propriétaires d’auberges de jeunesse sont étrangers et ne donnent pas de travail aux locaux, préférant prendre des volontaires non rémunérés.

 

Minca, un coup de cœur

Comme vous l’aurez compris, j’ai eu un véritable coup de cœur pour le village de Minca. J’ai envie d’y retourner un jour et d’y rester plus longtemps pour m’imprégner de toutes ces cultures et comprendre ce village plus en profondeur. Je vous conseille évidemment de vous y rendre si vous êtes en Colombie, mais soyez respectueux envers la nature, les locaux et les populations indigènes.

 

 

 

4 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *