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Les voyageurs en confinement : Cécile au Guatemala

Aujourd’hui, j’accueille Cécile, une voyageuse française qui a réalisé son rêve de partir en Amérique latine. Les choses ne se sont évidemment pas passées comme prévu. Dans ce témoignage, elle nous explique comment son voyage a été bouleversé par cette crise internationale et pourquoi elle a décidé de rester confinée au Guatemala.

– Peux-tu m’expliquer dans quel contexte tu es partie ?

Je rêvais depuis longtemps de voyager sur une longue période. J’ai finalement posé un congé sabbatique de neuf mois et franchi le cap cette année. Mon voyage a commencé le 22 octobre, au Mexique, pour voir la fête des Morts. Je me suis vite rendu compte que j’aimais prendre mon temps pour voyager et découvrir chaque culture. Je suis donc restée trois mois au Mexique et je suis arrivée au Guatemala fin janvier.

 

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– Dans quel contexte as-tu entendu parler du Coronavirus ?

Quand je suis arrivée au Guatemala, il y avait les premiers cas en Chine. À ce moment-là, je ne prenais pas la situation au sérieux, comme beaucoup je pense. En février, ça a commencé à s’accélérer en Europe. Honnêtement, je me suis dit que la situation virait à la psychose.

J’ai commencé à prendre la situation au sérieux quand il y a eu le premier cas au El Salvador et que le pays a fermé ses frontières aux Européens et aux Chinois. C’était le premier pays d’une longue série. Ensuite, tout s’est enchaîné très rapidement. Le climat a changé et le mot « coronavirus » était de plus en plus présent dans les conversations.

 

– Comment la situation a-t-elle évolué au Guatemala ?

Le 12 mars, les frontières ont été fermées pour les Européens. J’étais à Semuc Champey et je voulais partir vers Rio Dulce avec une amie. Mais avec la fermeture des frontières, on préférait se rendre directement dans une ville où on se sentait bien, au cas où on se retrouverait confinées. Un évènement a confirmé notre décision. Il y a eu un mouvement de panique à l’hôtel où j’étais.

 

Le proprio nous a dit qu’il y avait une personne atteinte par le virus dans le village. Il nous a dit que si on sortait de l’hôtel, on ne rentrait plus. Il avait peur pour sa famille, ce qui est normal. Au final, l’information a été démentie. Mais cet évènement était un avant-goût de comment tout pouvait virer à la panique en une seule journée. C’était comme une alerte. Je devais retourner dans un endroit où je me sentais en sécurité, au cas où je resterais bloquée.

 

Des mesures ont-elles été prises ?

Je suis allée au lac Atitlan. Le lendemain de mon arrivée, le 17 mars, il n’y avait plus de transport public et on ne pouvait plus bouger. J’avais bien fait de revenir ici. De nouvelles mesures se sont ajoutées : plus d’écoles, plus de manifestations, bars et restaurants fermés

 

Les magasins sont fermés après 12h et il n’y a plus de marché. Ces fermetures ont engendré un vrai élan de solidarité dans le village. Les commerçants peuvent vendre de la nourriture à domicile. Il existe même un groupe Facebook pour qu’on sache où aller pour manger.

 

Côté transport, il n’y a plus que des lanchas privées sur le lac pour les cas d’urgence. Il est donc devenu difficile de se déplacer dans les différents villages… Hier, le 22 mars, le gouvernement a annoncé un couvre-feu annoncé entre 16 h et 4 h du matin. Plus personne ne peut sortir dans les rues pendant ces heures.

 

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– Veux-tu rentrer ou rester au Guatemala pendant le confinement ?

Je suis bien dans mon hôtel au lac Atitlan. Ici, je me sens en sécurité. Le gouvernement prend les mesures nécessaires et réagit très vite. Il y a actuellement 21 cas au Guatemala. On est très bien informés de l’évolution de la situation je trouve. Comme il n’y a pas de cas de coronavirus dans le village et dans les villages voisins, les habitants sont calmes. Je me rends compte que si un cas se déclarait, la situation pourrait vite changer et virer à la crise de panique.

En tout cas, on prend ses précautions et on respecte les règles. Il y a peu de monde dans les rues, du désinfectant dans les petits magasins, le couvre-feu, etc. Tout est très bien organisé.

Si je devais rentrer, ma seule solution serait de passer par le Mexique et de prendre un vol pour l’Europe. L’ambassade déconseille cette solution. Quand on dit qu’il faut se confiner et ne plus bouger, je pense que c’est valable pour tout le monde, peu importe où on se trouve.

De plus, si je rentrais, je ne pourrais pas voir mes parents. Il ont 75 et 80 ans, je ne préfère pas prendre de risque. Il faut dire aussi qu’après cinq mois de voyage et de liberté, j’aurais du mal à rester enfermée chez moi.

Évidemment, certains ont des urgences et doivent rentrer chez eux. Mais ce n’est pas mon cas.

Pour toutes ces raisons, j’ai décidé de ne pas rentrer en France.

 

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– Ton mot de la fin ?

Sur les groupes Facebook, tout le monde panique et veut passer la frontière au Mexique. Je pense qu’il faudrait se calmer. Nous sommes dans un petit pays qui prend des mesures de sécurité. L’ambassade fait son travail, mais nous ne sommes pas une urgence. Peut-être qu’il y aura des vols de rapatriement d’ici 15 jours.

 

À vrai dire, je ne suis pas pressée de rentrer. On verra comment la situation va évoluer… J’ai vraiment eu un coup de cœur pour le Guatemala, son côté authentique et ses habitants au grand cœur. Les gens sont vraiment gentils et c’est un pays très solidaire.

 

J’espère qu’ils pourront se sortir de cette situation, car ça ne sera pas facile au niveau des soins de santé. En plus, le Guatemala vit principalement du tourisme. Ils ne peuvent pas vraiment se permettre de ne pas bosser pendant des semaines. Ils vont souffrir de cette absence de tourisme, mais j’espère qu’ils s’en remettront vite !

 

Personnellement, je me dis qu’en restant ici, je contribue encore un peu à leur économie, tout en respectant les mesures de sécurité et en restant bien sage comme on nous le demande.

 

Quand je rentrerai en France, j’aimerais mettre en place un projet pour aider les Français à voyager dans ce merveilleux pays. Je compte proposer un package complet avec transports, visites et cours d’espagnol au lac Atitlan. J’espère que ce projet verra le jour !

 

Merci Cécile pour ton témoignage !

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Lauriane, expatriée au Nicaragua

Quentin et Margaux à Bali, en Indonésie

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