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Les voyageurs en confinement : Situation à Bali, en Indonésie

Imaginez… Vous avez pris votre sac à dos et vous êtes parti à l’autre bout du monde. Tout semble parfait : vos journées sont riches en rencontres et en découvertes. La vie est douce, la vie est belle. Et puis, vous entendez vaguement parler d’un virus qui se propage en Chine. Boh, c’est certainement un virus comme les autres. D’ici quelques semaines, on n’en entendra certainement même plus parler. Mais petit à petit, la situation s’aggrave. Le virus s’étend à l’Europe, et en l’espace de quelques jours seulement, la France et la Belgique entrent en quarantaine. Vos amis et votre famille vous racontent ce qu’il se passe ici, mais là où vous êtes, la vie suit son cours. Vous ne savez pas quoi penser de la situation. Faut-il paniquer ? Faut-il rentrer ? Faut-il rester ?

 

C’est la situation de Margaux et de Quentin qui sont tous les deux à Bali. Quentin était en voyage et a décidé de rentrer. Margaux a son business là-bas et a décidé de rester. Alors, qu’en est-il de la situation en Indonésie ?

 

– Dans quel contexte es-tu parti(e) à Bali ?

Quentin : Je suis parti le mercredi 11 mars. À ce moment-là, l’épidémie s’était déjà répandue en Italie, mais il n’y avait qu’une dizaine de cas en Belgique. Mes vacances étaient réservées depuis décembre et je n’avais pas reçu de contre-indication gouvernementale. J’ai donc décidé de partir, car honnêtement, au début, je ne prenais pas ce virus au sérieux.

 

Margaux : Quand je suis rentrée à Bali, où j’ai mon business, le virus se propageait en Chine, mais il n’y avait qu’une vingtaine de cas confirmés en France. Au départ, je ne m’en souciais pas trop. Je pensais qu’il s’agissait d’un virus parmi d’autres, dont on n’entendrait plus parler le mois d’après. Mais petit à petit, mes proches me disaient que la situation s’empirait.

 

– Comment la situation a-t-elle évolué à Bali ? Quelles mesures ont été prises ?

Quentin : J’ai passé des vacances normales. Tout s’est déroulé comme prévu. Ici, la vie suit son cours. Honnêtement, si je ne suivais pas les médias belges et européens, je ne me serais pas inquiété. L’actualité allait très vite en Europe. Je n’étais parti que depuis quatre jours et toute la Belgique était en confinement. En revanche, il y a très peu de touristes sur l’île pour le moment. Certaines mesures sont prises, mais rien d’angoissant. Dans les lieux touristiques, ils prennent la température et ils mettent à disposition du gel hydroalcoolique. Apparemment, selon le gouvernement indonésien, il n’y aurait que très peu de cas contaminés dans le pays. Personnellement, je pense qu’ils mentent.

 

Margaux : Pour le moment, le gouvernement commence à prendre des mesures. Il demande de moins sortir et de limiter les déplacements. On ressent UN PEU « l’évolution » de la situation, mais pas tout le temps. La fête continue dans certains endroits à Bali. Moi, je suis sur l’île voisine, Nusa Lembongan. Ici, tous les locaux continuent leur petite vie normale. On voit un peu plus de masques, mais ça reste léger. En revanche, certains centres de yoga et de plongée ferment à compter de lundi. Certains de mes amis se mettent déjà en confinement. Ce n’est pas strict, il s’agit plutôt de manger à la maison et ne plus sortir dans les bars. Il y a environ 300 cas en Indonésie, mais on ne sait pas où exactement. Ils parlent d’un ou deux cas à Bali, mais je n’y crois pas. Impossible. Ils n’ont juste pas les moyens de dépister. En plus, les Indonésiens sont « fiers », ils ne veulent pas perdre la face. S’ils sont malades, ils n’en parlent pas ou ne vont pas voir le médecin.

 

– Penses-tu rentrer ou rester ?

Quentin : Mon avion était prévu pour ce dimanche 22 mars, et heureusement il n’est pas annulé. Je vais donc rentrer en Belgique. Mais j’avoue que pendant un moment, j’ai pensé rester à Bali. La vie est beaucoup plus « amusante » ici qu’en Europe. Et puis, je voulais protéger les gens que j’aime au cas où je serais porteur sain. Mais je me suis dit que c’était égoïste. En Indonésie, ils n’ont pas les mêmes soins de santé que nous. Si le nombre de cas augmente de façon exponentielle comme c’est arrivé chez nous, il y aura beaucoup plus de dégâts.

Margaux : Il y a quelques jours, j’ai vu passer sur Facebook un courrier de l’ambassade. Ils conseillaient vraiment aux Français de rentrer. Comme je suis une personne super anxieuse et angoissée, j’ai commencé à paniquer. Je réalisais l’ampleur de la situation. Jusque là, la vie à Bali suivait son cours normalement et je ne m’étais pas encore posé la question de si je devais rentrer ou non en France.

En plus de la question du virus, se posait aussi la question des visas. Je risquais de dépasser sa limite de validité et j’allais devoir rentrer. Mais pour quoi faire ? Ma vie est à Bali. Heureusement, l’Indonésie a enfin décidé de délivrer les visas d’urgence. Demain, je dois aller à l’ambassade pour le faire. J’angoisse un peu de me retrouver entourée de monde à l’immigration, mais je n’ai pas vraiment le choix. Je reste donc ici.

 

– Selon toi, quelles seront les conséquences en Indonésie ?

Quentin : J’ai fait le tour de 4 logements à Bali, et il y avait très peu de touristes. Le problème, c’est que les locaux vivent principalement du tourisme. De plus, comme je t’ai dit tantôt, si le nombre de cas augmente de façon exponentielle, il y aura des dégâts. En Indonésie, ils n’ont pas les mêmes soins de santé que chez nous.

 

Margaux : Il y a déjà un énorme impact sur le tourisme. Actuellement, je cherche une maison sur l’île pour me confiner et les gens sont prêts à baisser leur prix de moitié. Ils savent que les touristes ne seront pas au rendez-vous. L’aéroport bloque quasi tous les voyageurs venant d’Europe et de Chine. C’est aussi difficile de sortir. Il ne reste plus que quelques expats et des gens coincés ici.

J’en ai parlé avec les locaux. Certains ont peur, mais la plupart ne s’inquiètent pas du tout. Ils pensent qu’il n’y a aucun cas sur l’île. Ils prient et espèrent que ça suffira. Dans l’ensemble, ils n’ont pas conscience de la force du virus. J’espère que tout va se rétablir vite, mais j’ai la sensation que non. Ici, on est quand même loin du pic de l’épidémie.

 

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Aéroport de Bali

 

– Ton mot de la fin ?

Quentin : Le confinement permet de faire le point sur votre vie. Nous vivons sans cesse à 100 à l’heure. Mettons ce temps à profit pour réfléchir au futur et changer nos habitudes. Restez à la maison et prenez soin de vos proches. Faites attention à ce que vous lisez et entendez : il y a de fausses informations qui circulent. Quand tout sera fini, souvenez-vous de cette situation et profitez des moments que la vie nous offre !

Margaux : La vie continue ! Pour le moment, elle continue à l’intérieur, pour que l’épidémie cesse de se propager. Prenez le temps de faire ce que vous n’avez jamais le temps de faire. Be safe and take care !

 

Merci à Quentin et Margaux pour vos témoignages !

 

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