apprendre voyage

Backpackeuses : anecdotes de 4 filles sur la route

Le backpacking, c’est des moments de rire et de joies, des aventures insolites, mais aussi des galères ou des coups de blues. Une chose est sûre : le voyage en sac à dos laisse des souvenirs inoubliables. Aujourd’hui, j’ai invité 4 backpackeuses pour qu’elles nous partagent leurs meilleures anecdotes de voyage, celles qu’elles raconteront peut-être à leurs petits-enfants. En tant que backpackeuse, je me suis pas mal retrouvée dans certaines de leurs péripéties. J’espère que vous prendrez autant que plaisir que moi à lire leurs témoignages. Enjoy !

 

Anecdote 1 : une expérience culinaire bien spéciale, selon Julia

Julia est une jeune nomade de 22 ans qui est partie seule et en sac à dos en Amérique latine. Connue sous le nom de Nomadee sur YouTube et _nomadee_ sur Insta, elle partage par vidéo ses expériences de backpacking à travers le monde. N’hésitez pas à aller découvrir ses aventures, dont ce super vlog où elle raconte son voyage solo en Colombie. Bonne humeur et spontanéité sont au rendez-vous ! Mais avant ça, elle nous raconte son expérience gastronomique dans une tribu indigène en Amazonie.

“J’ai mangé des larves de cocotier en Amazonie.”

 

backpackeuse-amazonie

 

En février, je suis partie 15 jours en Amazonie équatorienne pour faire un volontariat dans un village indigène avec Workaway. Je travaillais quelques heures par jour dans la communauté en échange du logement et de la nourriture. C’était une expérience assez incroyable :  je vivais en Amazonie, sans connexion internet, avec d’autres volontaires et cette tribu indigène au mode de vie si différent du nôtre. Pendant ce séjour, j’ai vécu comme eux, notamment pour la gastronomie. Parmi les “plats” que j’ai goûtés, il y avait les larves de cocotier. C’est les grosses larves blanches qui gigotent avec une tête marron , comme on en voit dans les épreuves de Koh Lanta et de Pékin Express. Autant vous dire que ça ne donne pas trop envie ! Mais pour eux, il s’agit d’un “mets de choix” qui est assez rare et qui apporte beaucoup de nutriments.

 

La préparation et la dégustation des larves

L’étape de la préparation du plat était déjà…atypique. Les indigènes nous ont amené un petit bol avec les larves vivantes. Avant de les cuisiner, nous devions les tuer en faisant un trou à l’arrière de leur tête avec la bouche. Hum. Ensuite, on les a fait frire et on a pu les “déguster”.

J’ai voulu faire mon aventurière et tester en premier la larve la plus grosse. Honnêtement, au risque de vous étonner, ce n’était pas mauvais. En revanche, c’était extrêmement bizarre ! Surtout au niveau de la texture. Comme la larve avait été frite, la peau était croustillante, mais à l’intérieur, c’était comme un jus. Quand j’ai croqué dedans, tout a explosé dans ma bouche. c’était surprenant ! Malgré tout, je suis contente d’avoir partagé cette expérience avec ces indigènes. Apparemment, ils trouvent ça très bon !

Sinon, de manière générale, cette communauté mange beaucoup de manioc, des bananes plantain, du riz, des lentilles, et des pâtes. Ils allaient de temps en temps dans la ville la plus proche pour acheter quelques légumes comme des tomates, des oignons, des courgettes et du concombre. Niveau protéines, on mangeait beaucoup d’œufs, parfois du poulet frit et…des fourmis au citron (ça c’était pas mal d’ailleurs !)

 

 

Anecdote 2 : une expérience de backpacking aussi stressante que merveilleuse, selon Mathilde

Mathilde est une backpackeuse qui voyage depuis plus de 7 ans. Elle a fait l’Asie, les États-Unis, l’Amérique latine, l’Afrique… Une véritable globe-trotteuse ! Récemment, elle a créé le podcast Plier Bagage, qu’elle a renommé Poser Bagage le temps du confinement. Pour voyager depuis chez soi, go la découvrir avec avec cet épisode Créer sa Bucket List Voyage. Mais avant ça, elle nous partage la fois où elle a vu une ourse et ses oursons en Californie !

 

“J’ai vu une maman ourse et ses oursons en liberté dans l’Ouest américain.”

 

anecdote-voyage-backpacking

 

Nous sommes en septembre 2013, au début de notre roadtrip d’un mois dans l’Ouest américain. Cela fait plus ou moins une semaine que nous découvrons les merveilles de la Californie. Et nous voilà arrivés dans notre tout premier National Park du voyage : le parc de Séquoia. Dès l’entrée dans le parc, nous sommes frappés par l’omniprésence des panneaux avertissant de la présence d’ours, ainsi que des consignes de sécurité qui vont avec. Nous nous enfonçons dans Séquoia, pour rejoindre notre campground, à une heure de route de l’entrée, au cœur du parc. Les paysages sont fabuleux, nous sommes émerveillés.

 

Une randonnée hors des sentiers battus

Cela fait quelques heures que nous sommes dans le campground. Notre tente est plantée, les affaires bien protégées comme préconisé par les consignes. Nous décidons de partir randonner. Oh pas très loin ! Le trailhead est situé dans le camping, ça tombe bien, pas besoin de reprendre la voiture. Nous voilà partis. Le trail est assez fréquenté. Je dis à mon compagnon : “Si ça se trouve, on va croiser des ours.” Sa réponse ? “Ohlala, tu deviens parano avec ces consignes de sécurité partout. On est trop proche de la civilisation et du Campground pour qu’il y ait des ours.”
Nous arrivons au bout du trail pour admirer une cascade asséchée puis nous repartons bon train en direction du Camping. Nous marchons l’un derrière l’autre quand mon conjoint s’immobilise, tend le bras pour me faire m’arrêter également et murmure : “ours”.

 

Une maman ours et ses oursons

Devant nous, à quelques mètres à peine, une maman ourse et ses 2 oursons sont en train de s’abreuver tranquillement. Nous restons figés à la fois émerveillés – on n’a pas tous les jours la chance de tomber sur des ours en liberté quand on randonne – mais nous sommes aussi et surtout interdits et apeurés. Les ourses sont réputées pour être plus menaçantes lorsqu’elles sont en présence de leurs petits, notamment si on se retrouve entre elles et leurs progénitures.

 

Nous attendons, sans un souffle, sans saisir de photo pour ne pas produire de bruit. Le moment nous semble durer longtemps… Longtemps. À posteriori, cela a dû durer au maximum 5 minutes. L’ourse franchit le chemin. Ses oursons ne la suivent pas, ils jouent, tranquilles. Elle nous surveille du coin de l’œil. Les deux petits finissent par rattraper leur mère. Le sentier étant libéré et les oursons réunis avec leur mère, nous décidons de poursuivre notre route sans gestes brusques. L’ourse ne nous quitte toujours pas des yeux, nous avançons le plus tranquillement possible et nous les laissons à leurs occupations.

La morale de cette histoire ? Toujours lire les consignes de sécurité concernant la faune sauvage dans les parcs américains. En particulier quand on randonne ! Mieux vaut être préparés aux rencontres que l’on peut faire sur les trails.

 

Anecdote 3 : ma pire galère de backpackeuse, selon Jade

Jade est une voyageuse pétillante et au grand cœur ! Elle est partie seule et avec un backpack au Canada, au Laos, au Cambodge et au Népal pour des missions de volontariat à l’étranger. Aujourd’hui, elle développe son activité de rédactrice web et se prépare pour son PVT (Working Holiday Visa) à Montréal. Découvrez ses jolies aventures sur son Instagram. Mais avant ça, elle vous raconte sa pire galère de voyage.

“Je me suis fait arracher mon sac à main au Laos…”

 

backpacking asie

 

Ma pire galère de voyage, c’est sans aucun doute le vol de mon sac à main au Laos ! Ça faisait plus d’un mois que je voyageais en Asie et j’avais eu la chance de rencontrer une française (Aurore) et un couple de montréalais (Camille et Alex) quelques jours auparavant.

 

Les circonstances du vol

Ce soir là on était sorti dîner au restau et, alors que mes amis rentraient à l’hôtel, j’avais dû faire un petit détour pour aller retirer de l’argent dans un ATM. Veinarde que je suis, il n’aura pas fallu plus de 2 min seule pour que je me fasse agresser par un gars en scooter. Il faut dire que je n’ai pas été très maline : je me promenais tranquillement au bord du trottoir, mon sac à main au bras (côté route naturellement, histoire de lui faciliter la tâche). J’avais pourtant lu quelques jours auparavant les mises en garde du Routard au sujet des vols à l’arrachée, très courants en Asie. Mais vous savez ce qu’on dit : « ça n’arrive qu’aux autres ! » Fort heureusement, j’avais eu la bonne idée de retirer mon passeport de mon sac avant d’aller dîner (une intuition sans doute ?) et de ne prendre que le strict minimum sur moi. Habituellement, mon passeport m’accompagnait partout.

 

Une mésaventure riche en émotions

J’avais tout de même perdu ma CB et mon téléphone portable dans l’histoire. Or, le téléphone portable en voyage, c’est bien plus qu’un téléphone. Pour moi qui ne suis franchement pas douée en orientation c’était mon GPS déjà, mais aussi et surtout le seul moyen de communication avec mes proches et mon amoureux. Bref, j’étais dépitée. Je suis rentrée en pleurs à l’hôtel (heureusement, mon sens de l’orientation n’est pas nul au point de ne plus retrouver seule mon chemin après 2 min de marche) où mes amis m’ont tout de suite remonté le moral et accompagnée au bureau de la police touristique. Cette mésaventure a clairement renforcé notre amitié. Je ne les connaissais que depuis quelques jours et pourtant, ils ont été d’un soutien infaillible. Aurore qui, elle, était en tour du monde, avait prévu un téléphone de rechange qu’elle a pu me prêter plusieurs jours. Elle m’a aussi dépannée financièrement le temps que je trouve une solution.

 

quest-ce-que-backpackeuse

 

Conseils pour les futures backpackeuses

Au final, ça s’est bien terminé pour moi, j’ai n’ai eu qu’un gros hématome pendant plusieurs semaines. Sachant que certains touristes se font littéralement casser le bras lors de vols à l’arrachée, je m’en suis plutôt bien sortie ! Mais je dois vous avouer que cette histoire m’a quand même rendue parano pour la suite de mon voyage… d’autant que quelques jours plus tard, une cambodgienne se faisait voler son sac sous nos yeux (comme quoi, cela n’arrive pas qu’aux touristes !)

Depuis j’ai pris l’habitude de toujours laisser mes papiers d’identité en sécurité à l’hôtel, de bien porter mon sac contre moi, côté trottoir (pensez-y si vous voyagez en Asie !) et surtout je retiens pour mes prochains voyages qu’avoir deux CB rangées à deux endroits différents, ça peut être bien utile (tout comme les copains de voyage et autres belles rencontres !)

Anecdote 4 : ma plus grande peur en voyage, selon Laura

Finalement, je vous présente Laura, une jeune femme inspirante qui a tout quitté pour partir en tour du monde. Son voyage ne s’est pas du tout déroulé comme prévu, et elle est finalement restée en Amérique latine. Aujourd’hui, elle aide les femmes en quête de sens à se reconnecter à leur mission de vie et à trouver les ressources en elles pour rayonner et contribuer à la création d’un nouveau monde. Découvrez ses magnifiques projets sur son site internet Viva la vida Coaching. Mais avant ça, elle vous explique le jour où elle s’est perdue seule dans la montagne au Pérou… (Pss, il y a la vidéo de son témoignage un peu plus bas)

“Comment je me suis perdue pour mieux me retrouver…”

 

montagne-backpacking

 

Aujourd’hui, j’ai envie de vous partager comment le fait de me perdre dans la montagne au Pérou m’a permis de mieux me retrouver.

Pour commencer, j’aimerais vous redonner le contexte. Je venais de quitter mon job dans une grande entreprise dans laquelle je travaillais depuis 7 ans pour faire un tour du monde en solo. Je voulais partir parce que j’avais atteint un stade où je ne trouvais plus de sens dans mon travail, même si celui-ci me plaisait. Tous les jours, je me demandais : “Mais, qu’est-ce que je fou ici ?” C’est à cause de cette perte de sens dans ma vie professionnelle que j’ai décidé de prendre mon backpack et de partir voyager seule en Amérique latine.

 

Mes premiers mois en tant que backpackeuse

Le premier mois de voyage était extraordinaire. Je ressentais une véritable sensation de liberté. Le deuxième mois était tout aussi fabuleux. Le troisième mois, j’ai fait la superbe rencontre d’un couple de voyageurs qui revenait d’un séjour de développement personnel au Brésil. Ils m’ont aidé à me poser des questions sur moi-même, sur qui j’étais et sur quel sens je souhaitais donner à ma vie. Ils me répétaient que ce programme au Brésil pourrait m’aider à y voir plus clair.

Mais ce n’était pas dans mes plans. Je n’avais pas prévu d’aller au Brésil, et le programme coûtait cher. J’ai donc continué mon itinéraire.

 

Le Pérou : un trek de 4 jours dans la montagne

À ce moment-là de mon voyage, je commençais à me sentir lasse de bouger tout le temps et d’avoir des conversations superflues. On s’approchait de mon anniversaire… J’allais bientôt avoir 30 ans et j’étais au quatrième mois de mon voyage en sac à dos. J’étais au Pérou.

Pour mon anniversaire, j’avais décidé de faire un magnifique trek de 4 jours dans la Cordillère des Andes, une montagne immense dont le pic culmine à plus de 4000 m d’altitude. On était un petit groupe d’une douzaine de randonneurs, et je ne connaissais personne.

Dès le début du trek, je me suis rendu compte que j’avais un rythme très différent des autres. J’étais à la traîne… J’aime prendre mon temps, regarder les fleurs, le paysage, m’arrêter et faire des photos. Les autres voulaient aller vite, trop vite.

 

Perdue dans la montagne le jour de mes 30 ans

Mon anniversaire tombait le troisième jour du trek. Comme d’habitude, je marchais à l’arrière. À un moment donné, j’arrive à un croisement, et là, je ne vois plus le groupe. Je vais à gauche et je me dirige vers le campement. Mais il n’y avait personne. Là, j’ai commencé à me dire qu’il y avait un problème. Paniquée, je suis repartie dans l’autre sens et j’ai essayé de suivre ma logique pour suivre la boucle du trek et essayer de retrouver le groupe. J’avançais et je ne voyais personne… En journée, il faisait chaud, mais le soir, il faisait 5 degrés. Je m’imaginais déjà dormir seule dans la montagne sans mes affaires et crever de froid seule le jour de mes 30 ans.

Mais il fallait que j’avance.

 

La traversée du désert

Après deux heures de marche, je croise des Argentins qui me disent : “Tu es Laura ? Ton groupe te cherche. Ils t’attendent au lac.” Je regarde devant moi, et j’en avais le vertige. Il fallait que je traverse un immense désert pour arriver à un (magnifique) lac enneigé où était mon groupe. Sur le coup, je n’avais pas du tout envie de rire. Pendant 2 heures, j’ai marché le plus vite que je pouvais, malgré la chaleur et mes quantités d’eau qui se réduisaient. J’essayais de comprendre le message derrière ce cauchemar. Je savais que j’étais paumée dans ma vie et pleine de doutes… Mais je ne trouvais pas la réponse à mes questions.

 

Direction le Brésil : je suis enfin mon intuition

Enfin, j’ai entendu mon guide m’appeler. J’allais pleurer. Apparemment, le groupe ne m’avait pas attendu, et pire, ils n’étaient pas partis à ma recherche.  Quand ils m’ont vu arriver, ils ont simplement dit : “C’est bon, on peut repartir ?” Et à ce moment-là, j’ai complètement halluciné et j’ai ressenti un réel manque d’humanité. Je m’étais perdue pendant 5 heures, et les autres n’en avaient rien à faire. J’ai enfin compris le message de cette “mésaventure”. Il fallait que j’arrête de voyager de la façon dont je l’avais fait jusqu’ici et que je m’aligne avec mes valeurs. Je devais rejoindre ce programme de développement personnel au Brésil pour rencontrer des gens dans la compassion et l’empathie.

Il fallait que je cesse de chercher mes réponses à l’extérieur, et que je commence à creuser en moi. Le trek terminé, j’ai directement contacté ce centre au Brésil. J’ai chamboulé tous mes plans. Cette fois, j’ai suivi mon cœur et mon intuition. Je devais rester là-bas un mois, j’y suis restée trois. Et j’ai trouvé mes réponses et le sens que je voulais donner à ma vie. Pour suivre cette voie, j’avais dû passer au-delà de mon mental, vivre cette expérience où j’ai cru que j’allais mourir pour pouvoir enfin suivre les signes. Parfois, il faut se perdre pour se retrouver.

 

Merci aux 4 backpackeuses Julia, Mathilde, Jade et Laura pour ces anecdotes de voyage !

Tu as envie d’en savoir plus sur le voyage en sac à dos ? Dans cet article, je t’explique les clichés vs la réalité sur les backpackers.

6 commentaires

  • R-M

    J’ai adoré, j’ai voyagé virtuellement ^^ et j’ai appris et ressenti des émotions, un peu comme si je me glissais l’espace d’un instant dans la peau de ces Backpackeuses.
    J’ai envie d’en savoir plus…
    Je me demande ce qu’a fait la dernière Backpackeuse Laura par la suite… Ce sont des belles anecdotes. Merci.

  • Julia

    J’ai pris un grand plaisir à lire ton article, merci encore de m’avoir proposé de participer et surtout d’avoir suivi une partie de mon voyage !
    En attendant de pouvoir à nouveau voyager, je continue de suivre tes aventures sur instagram 😉
    Merci pour ton travail et à très vite 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *