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L’Eglise de San Juan Chamula : une expérience surréaliste dans les Chiapas

Aujourd’hui, j’ai vécu l’une des expériences les plus surréalistes de ma vie. J’ai visité l’église de San Juan Chamula, un village indigène des Chiapas. Je crois que ce que j’ai vu aujourd’hui, je ne le verrai nulle part ailleurs. J’avais l’impression d’être dans un film, ou dans un autre monde, ou à une autre époque. C’était incroyable. On ne pouvait pas prendre de photos ou de vidéos à l’intérieur de ce lieu. Je trouve ça encore plus intéressant, car j’ai vu quelque chose que je n’aurais jamais pu voir sans être sur place. Je vais faire de mon mieux pour vous décrire cet endroit hors du commun qui restera à jamais dans ma mémoire.

 

Tout d’abord, je tiens à préciser que des voyageurs m’avaient parlé de cet endroit. Je savais donc plus ou moins ce qui se passait à l’intérieur. Mais encore une fois, le vivre est une expérience totalement différente.

 

La route vers le village de San Juan Chamula

Pour se rendre à San Juan Chamula, nous avons pris un Colectivo pour seulement 18 pesos. La route entre San Cristobal et San Juan Chamula, c’est déjà quelque chose. A travers la fenêtre du Colectivo, je vois des indigènes dans leurs tenues traditionnelles se promener dans des paysages montagnards à couper le souffle. Après 30 minutes de route, on arrive à l’entrée du village. C’est un tout petit village avec des maisons colorées en mauvais états, quelques stands de nourriture, des chèvres, des chiens et des poulets qui se promènent tranquillement.

visiter le village de san juan chamula

 

Le village de San Juan Chamula

J’adore regarder les habitants se promener dans leurs tenues sorties tout droit d’une autre époque. Les femmes portent des longues jupes noires poilues en laine de mouton avec un poncho ou un châle sur les épaules et des claquettes aux pieds. Les mamans portent leur bébé dans une écharpe colorée. Leurs longs cheveux noirs sont tressés et décorées avec des pompons et des fils multicolores. La plupart des hommes portent un jeans foncé, une chemise bleue ou brune et un gilet dans manche foncé. Ils ont des bottines aux pieds et un sombrero sur la tête. Certains, les plus vieux, arborent avec allure un long et imposant gilet en laine de mouton noir ou blanc.

tenue traditionnelle chamula

 

Visite de l’Église de San Juan Chamula

De l’extérieur, l’Église de San Juan Chamula ressemble à toutes les églises mexicaines que j’ai vues jusque là. La façade est lumineuse et colorée, l’architecture est très simple. Aujourd’hui, le ciel est gris et nuageux et ajoute une ambiance flippante au lieu. On paie les 25 pesos d’entrée. Le vendeur de tickets nous met directement en garde : il est interdit de prendre des photos ou des vidéos. On rentre.

église et rituels à san juan chamula

À l’intérieur, il fait sombre, il n’y a pas de fenêtre pour faire rentrer la lumière. La seule luminosité vient des bougies. Pas d’une dizaine de bougies, ni même d’une centaine. Il y avait près d’un millier de bougies disposées partout dans la salle, sur les tables, sur le sol. Ma première préoccupation : j’espère que l’église ne va pas prendre feu. Sans compter que le sol était jonché d’herbes et de cire. En avançant, je remarque qu’à ma gauche et à ma droite se tiennent des rangées de statues représentant le Christ, mais version mexicaine (c’est-à-dire flippantes). Plus on avance, plus il y a de bougies.

statue christ mexique
Cette photo a été prise dans une autre église à San Christobal, mais c’était le même genre à San Juan Chamula

L’air sent l’encens. Pas l’encens irrespirable qu’on a en Europe. Le parfum est assez doux. Il y a de la fumée dans la salle, ce qui rend la vision encore un peu plus floue. J’entends les femmes chuchoter de prières, les hommes jouer de la musique, les coqs crier (je vous explique pourquoi après, patience), et ponctuellement, des bruits de pétards qui me font sursauter.

Les rituels à l’intérieur de l’Église

La salle est remplie d’indigènes venus faire des rituels. Certains jouent de la musique, d’autres sont assis et font des prières, d’autres encore boivent de l’alcool. Je m’assieds à côté d’un groupe de femmes et d’enfants qui exercent le fameux rituel. Ils sont face à des rangées de bougies. Un homme et des enfants passent leur temps à les rallumer. Il ne faut surtout pas qu’une bougie reste éteinte. La dame la plus vieille récite ses prières. Les autres femmes et les enfants la regardent en silence. Un poulet vivant est saucissonné à leurs pieds. Étonnement, il est très silencieux et ne bouge pas d’une plume. Cinq bouteilles de boissons pétillantes, dont une de coca, sont posées à côté du poulet. Le coca-cola est apparemment un élément clé du rituel. Soudain, elle prend une bouteille et la fait tourner au-dessus des bougies. Ensuite, elle verse un peu d’eau par-dessus celles-ci en continuant à réciter ses prières.

 

Le sacrifice du poulet

Tout à coup, elle saisit le poulet, une main sur ses ailes et une sur ses pieds. Elle le fait tournoyer au dessus des bougies. Le poulet se réveille et crie. Elle le fait ensuite tournoyer au dessus de la tête des enfants. Malheureusement, je sais ce qui va suivre. Le poulet va être sacrifié. Elle le balance dans les mains de l’homme qui lui brise le cou. Et voilà, c’en est déjà fini pour le poulet. Je me suis évidemment caché les yeux comme une poule mouillée (oui, je trouve le jeu de mots drôle) pendant cette partie du rituel. Les enfants ont bien rigolé en voyant ma tête ahurie. Le sacrifice se termine par un signe de la croix répété 4-5 fois de façon très rapide. La famille boit un coup de coca et un petit verre d’alcool, puis remballe le tout, nous dit au revoir et part.

 

La sortie de l’Église de San Juan Chamula

Tout le monde semble avoir fini le rituel plus ou moins en même temps et boit un verre dans la bonne humeur. L’église se vide assez vite. À la sortie de l’église, des enfants nous sautent dessus. Elles récitent en chantonnant: « 5 pesos por las tortillas por favor, si? ». Elles insistent et nous suivent ainsi pendant 10 minutes. Nous leur donnons des bananes, mais refusons de leur donner de l’argent. Nous ne souhaitons pas encourager un système où les enfants travaillent plusieurs heures dans la rue. Pour rentrer à San Christobal de Las Casas, nous reprenons un Colectivo. Ce moment particulier restera à jamais gravé dans ma mémoire.

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